Dimanche 26 mars 2006
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Au moment où les instances du Parti Socialiste s'interrogent sur la façon d'obtenir un parti plus proche, sociologiquement, du pays, une section de Paris a mis en place des initiatives intéressantes...
C'est peut-être la section PS la plus représentative de France. Assis sur une table dans l'étroite permanence du député Christophe Caresch, Didier Guillot sort les chiffres de la section "Jean Baptiste Clément" du 18eme arrondissement: Même pourcentage de chômeurs parmi les militants que dans l'arrondissement, même proportion de femmes, de CSP+, de moins de trente ans... Et les minorités visibles, alors? La question est délicate, mais malgré l'absence de statistiques précises, le secrétaire de section assure: Au moins une trentaine de militants sur 480 sont des étrangers d'Afrique Noire". Il faut dire qu'il est possible d'adhérer au PS et d'y voter sans avoir ni la nationalité française, ni même des papiers en règle. "C'est notre fierté, contrairement au PS qui est correspond peu à son environnement, on est très proches du profil de l'arrondissement." Un arrondissement très cosmopolite.
Ses propos semblent confirmés par la présence, à côté de lui, d'une jolie jeune trentenaire, Afaf Gabelotaud, d'origine maghrébine. Responsable de la formation des militants de la section, elle se charge de l'accueil qu'elle voudrait "rendre encore plus agréable", elle représente aussi la section à la fédération de Paris. Le tout après seulement trois ans de vie militante. "J'ai été frappée en arrivant ici d'être autant encouragée. Si on s'investit, ça paie, sans avoir besoin de forcer les choses, avec des quotas par exemple. Je préfère que ce soit aussi naturel. J'ai fait des propositions pour le centenaire du parti, ça leur a plu. Et j'ai continué avec la formation…"
La toute première carte de militant de Didier Guillot était estampillée SOS racisme. Une lutte qui reste une priorité. Dans le 18eme arrondissement depuis 1993, il a mis au point un système unique, illégale mais efficace: l'élection interne en deux temps: D'abord, les militants vote pour les "motions". Une fois déterminé le nombre de sièges qui revient à chaque courant, un deuxième tour permet aux militants de choisir les personnes qui vont incarner ces motions. Ce deuxième tour n'existe nul part ailleurs au PS, il est même en contradiction avec le règlement du PS. Mais le président de la Fédération de Paris laisse faire, puisque ça marche... Pour Afaf Gabelotaud,"Ce système évite que ce soit la cooptation qui fonctionne. C'est plus proche de la démocratie". Ni elle ni Didier Guillot ne voudrait le remplacer par des quotas ou tout autre système volontariste. Leurs voix et sourires se mêlent pour décrire le contre exemple parfait, un homme d'origine africaine, qui a des "problèmes comportementaux", qui vient aux réunions "éméché, quand il n'est pas violent". Au dernier Conseil, il n'a pas été élu. Et a crié à la "discrimination raciale". Preuve, pour Didier Guillot, que "la promotion de gens appartenant à des minorités visibles ne doit pas être un automatisme, ce n'est pas un droit, mais une opportunité."
Emilie Chapuis